Immigration
Environ 3 000 étudiants et 421 employés du Collège LaSalle attendent depuis une semaine de savoir si leur établissement survivra. La rentrée, prévue le 27 août, a été suspendue jusqu’à nouvel ordre. Une audience décisive est fixée au 3 septembre.
Pour les nombreux étudiants internationaux inscrits sur les campus de Montréal et de Laval, ce n’est pas seulement une crise scolaire : c’est un statut d’immigration suspendu à une négociation.
Ce qui s’est passé
Le 24 août, à trois jours de la rentrée, le Collège LaSalle s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) devant la Cour supérieure. L’établissement privé bilingue a obtenu un sursis pour négocier avec Québec.
La dette totale s’élève à environ 47,8 millions de dollars :
- 29,9 M$ de pénalités pour avoir dépassé le contingent d’étudiants dans ses programmes en anglais. Le dépassement a été de 716 étudiants en 2023-2024 (amende d’environ 8,8 M$), puis de 1 066 étudiants en 2024-2025 (amende d’environ 21,1 M$).
- 17,9 M$ de subventions versées en trop pour l’année 2025-2026, que l’établissement doit rembourser.
La pénalité découle de l’application de la Loi 96 et du plafond imposé aux inscriptions dans les programmes en anglais des collèges privés subventionnés.
La mobilisation
À la veille de la rentrée avortée, l’Association générale des étudiants du Collège LaSalle (AGEL) a organisé une manifestation au campus de Montréal pour réclamer l’intervention de la première ministre.
Les syndicats ont suivi. La CSN et la FNEEQ-CSN ont dénoncé l’enlisement du bras de fer juridique entre la direction et le gouvernement ; la FTQ et le SEPB ont également interpellé Québec. Une pétition circule pour sauver les emplois et les parcours scolaires.
Précision utile : il ne s’agit pas d’une grève. Les employés ne sont pas en arrêt de travail concerté — c’est l’établissement lui-même qui a suspendu sa rentrée faute d’entente.
Ce que cela signifie si vous êtes étudiant international
C’est ici que la situation devient délicate, et il faut être clair sans être alarmiste.
Un permis d’études est rattaché à un établissement d’enseignement désigné (EED). Si un établissement cesse ses activités, les étudiants ne perdent pas leur statut du jour au lendemain, mais ils doivent agir : la règle générale d’IRCC est qu’un titulaire de permis d’études doit être activement inscrit et progresser dans son programme.
Concrètement, si vous êtes concerné :
- Ne quittez pas le Canada sans avis. Sortir du pays pendant que votre situation scolaire est incertaine complique le retour, surtout si votre visa ou votre AVE arrive à échéance.
- Conservez tout par écrit. Courriels du collège, avis de suspension, preuves de paiement des droits de scolarité, relevés de notes. Si un transfert devient nécessaire, ces pièces feront votre dossier.
- Vérifiez vos dates. Date d’expiration de votre permis d’études, de votre CAQ, de votre visa ou AVE. Ce sont ces dates, et non l’actualité du collège, qui déterminent l’urgence.
- Renseignez-vous sur le transfert vers un autre EED avant de vous engager ailleurs. Changer d’établissement a des conséquences sur le permis d’études, et parfois sur le CAQ.
- Ne prenez pas de décision précipitée sur la foi d’une rumeur dans un groupe WhatsApp. L’audience du 3 septembre peut tout changer, dans un sens comme dans l’autre.
Nous suivons ce dossier et mettrons cet article à jour après le 3 septembre.
Une leçon plus large
Au-delà du Collège LaSalle, cette affaire rappelle une chose que nous répétons en consultation : le choix de l’établissement est une décision d’immigration, pas seulement une décision scolaire.
Avant de s’inscrire quelque part, il vaut la peine de vérifier que l’établissement figure bien sur la liste des EED, que le programme mène au permis de travail post-diplôme si c’est votre objectif, et — on y pense rarement — que l’établissement est financièrement solide.
Sources
- La Presse, Le Devoir, Radio-Canada et CBC, couverture du 24 au 31 août 2026.
- Communiqué de LCI Education sur le recours à la LACC.
- Prises de position de la CSN, de la FNEEQ-CSN, de la FTQ et du SEPB.
Situation en évolution. Information générale, sans valeur d’avis juridique. Mise à jour : 31 août 2026.
Votre permis d’études est-il touché ?
Si votre établissement, vos dates ou votre statut sont incertains, une consultation permet de faire le point avant de poser un geste irréversible.